Le Havre, Patrimoine mondial

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La vie quotidienne

La reconstruction du Havre, aussi emblématique soit-elle, cache un préalable difficile. 12 000 logements sont à reconstruire, seulement 4 000 logements d'urgence vont être livrés. 1 630 sont listés en juin 1946 comprenant 470 maisonnettes en briques de récupération (maisons catastrophes et cités commerciales), 700 baraques françaises, 290 préfabriquées américaines et 170 chalets suédois. 

A cette première liste s'ajoutent 1 550 logements répartis dans trois camps militaires réhabilités entre 1946 et 1948 : 300 dans le camp François-Ier en centre-ville, 650 dans la forêt de Montgeon et 600 dans une commune proche, à Gonfreville-l'Orcher.

Les baraques

En attente d’un relogement provisoire, les sinistrés s’entassent dans les immeubles épargnés par les bombes ou s’éloignent des villes. Considérées comme propriétés de l’État, les baraques ‑ de qualité très variable ‑ sont attribuées après une sélection drastique.

Les destructions n’ont pas fait oublier les hiérarchies et les codes sociétaux liés au mérite et à la réputation : la main d’œuvre utile à la reprise économique se distingue des squatteurs nécessiteux, déplacés vers des camps éloignés et parfois très sommaires.

Les sinistrés de la vie

Lorsque la reconstruction s’achève dans la seconde moitié des années 1950, les victimes des bombardements sont relogées et les cités accueillent désormais les sinistrés de la vie ‑ suivant l’expression d’Eugène Claudius Petit ‑. Le problème a changé : les habitations provisoires de qualité sont cédées à leurs occupants alors que la gestion du parc restant est confiée à des organismes sociaux.

L’histoire du provisoire vient se confondre avec celle des bidonvilles. Leur destruction est prévue dans le cadre du Renouvellement urbain (décret du 31 décembre 1958) qui promeut la réalisation de grands ensembles, bien souvent édifiés à l’emplacement même des cités provisoires.

Montgeon

Dans la forêt de Montgeon, ancien camp de transit américain du Havre, les sinistrés qui ont fait au préalable une demande au délégué départemental du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme (MRU), se voient attribuer des ha

Diaporama

Baraque provisoire dans le quartier d'Aplemont, rue Dal Piaz
Carte des habitations provisoires à la forêt de Montgeon