« Avant de devenir architecte-conseil, j’ai été l’élève d’Auguste Perret à l’Ecole Spéciale d’Architecture. C’était un architecte avec un grand A. Vous lui donniez un programme, de l’argent, un terrain, et il vous faisait une œuvre d’art. Nous l’appelions tous Maître, ce qui avait une réelle signification de valeur, tous les architectes ne méritant pas ce titre.
D’un point de vue purement professionnel, Perret était le maître du béton. Tout ce qui l’intéressait, c’était l’architecture. Il n’a jamais su ce qu’était le remembrement. Ce qui frappe les gens en arrivant au Havre, c’est la composition générale de la ville, et j’y suis pour beaucoup...
Tous les lundis matins, je venais à Paris lui raconter ce qui se passait au Havre. Je servais souvent d’intermédiaire entre Auguste Perret et Pierre Courant, le Maire de l’époque.
Avant la guerre, les Havrais vivaient dans des conditions effroyables. L’architecture était peut-être pittoresque, mais les conditions de vie étaient terribles : certains immeubles avaient un seul WC et un poste d’eau par étage...

En 1945, je me suis installé au Havre. C’était ma ville. J’ai vécu sa reconstruction de A à Z et je m’y suis énormément attaché. J’ai toujours beaucoup aimé les Havrais, et ce que j’ai fait, je l’ai fait pour eux ».

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